Vendredi 5 février 2010
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La nuit dernière (mercredi 3 février à jeudi 4), nous venons de vivre une expérience hors du commun pour nous fraîchement
débarqués de métropole, mais qui fait partie du vécu des Polynésiens en moyenne tout les dix ans, à savoir un cyclone.
Isolés sur des grains de terre au milieu du Pacifique, nous avons constaté à quel point nous sommes peu de
choses face à la puissance de la nature. La violence du vent (des rafales de 150 km/h) était impressionnante. Il n'y
avait qu'une chose à faire : se préparer et se mettre à l'abri dans l'endroit le plus sûr de la maison (celui qui comporte le moins de vitres). Ce que nous avons fait.
Mais je ne ressentais aucune peur au point que ma fille n'a pas pris toute la mesure de ce phénomène dévastateur qu'est un cyclone (sur Tahiti, nous avons été épargnés car Oli est passé à 200 km
de l'île).
J'avais prévu les bougies, les lampes de poche en cas de coupure d'électricité,. Ce qui s'est produit car il y a une sécurité sur le réseau et il disjoncte quand le vent atteint 110 km/h. Dans
l'après-midi, nous avons scotché les vitres pour éviter qu'il y ait des morceaux de verre partout si elles se cassaient. Nous avons mis les papiers importants et objets de valeur au sec dans une
valise étanche. J'ai préparé une autre valise avec des vêtements de rechange, des médicaments. Et nous nous sommes préparés à passer une nuit quasiment blanche.
Après le bruit du vent et de la pluie, les chocs sur le toit de tôle durant toute la nuit, nous avons vu le jour se lever avec
soulagement... Et nous avons constaté que les arbres avaient beaucoup souffert. Certains ont été déracinés. La plupart ont perdu leurs feuilles et l'on ne compte plus les branches cassées. Mais
les vitres et les toits avaient tenu et il n'y a pas eu mort d'homme.
Premier geste : allumer la radio (RFO Polynésie) pour savoir ce qu'il en est. Les journalistes à l'antenne n'ont pas l'esprit très clair. Normal, ils ont
veillé presque toute la nuit pour relayer les bulletins de Météo France et les conseils du Haut-Commissariat (entité qui représente l'Etat en Polynésie).
Ainsi, nous nous sentons reliés. Nous ne sommes pas coupés du monde. Nous savons comment Oli progresse, dans quel état est notre île... et les îles "soeurs" qui, elles aussi, ont subi le cyclone
(Bora Bora, Moorea, Raiatea, Huahine...). Nous écoutons, émus, ces auditeurs qui appellent pour passer des messages de réconfort à leur famille.
La radio nous informe sur l'avancée des réparations : quand l'électricité va-t-elle être rétablie ? quand la route sera-t-elle dégagée entre le PK (Point Kilométrique) 20 et le PK 26 ? Etc... Et
sur le niveau d'alerte (rouge, orange...).
A l'abri dans notre maison - car le vent et la pluie n'ont pas faibli -, nous savons que nous ne sommes pas seuls et que des gens compétents agissent au mieux des intérêts de la population.
L'alerte rouge sera levée dans l'après-midi. Nous pouvons théoriquement circuler en voiture, mais n'ayant pas besoin de sortir, nous restons encore
à la maison par mesure de précaution.
Deuxième geste : rassurer famille et amis sur notre sort dès le retour de l'électricité et de notre connexion internet.

Ce jeudi soir, nous pouvons dire que nous sommes sortis d'affaires, mais pas les habitants des îles Australes (Rurutu, Tubuaï, Ravavae et Rapa) vers lesquelles Oli se déplace. A présent, c'est
pour eux que nous nous inquiètons car ils vont être dans l'oeil du cyclone... alors que nous en étions à 200 km, ici à Tahiti.
Le vent, la pluie et la houle étaient déjà impressionnants. Je n'ose imaginer ce qu'il en sera à Tubuai avec des rafales prévues à 200 km/h.
Par ivaoa
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Publié dans : Au jour le jour
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