Jeudi 7 mai 2009
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Pour vous parler de mon expérience
de maman consciente de manière vivante, j'ai demandé à une amie, Anna, de m'interviewer. Démonstration ci-dessous.
Anna : Bonjour Ivaoa. Tu es maman d'une petite fille de 5 ans que tu tentes d'éduquer en conscience. Au quotidien, ça se traduit comment ?
Ivaoa : Bonjour Anna. Etre maman consciente pour moi, c'est avant tout accompagner ma fille dans la joie, l'amour et le respect pour qu'elle s'épanouisse au maximum de son potentiel. C'est
aussi sortir de la peur et du contrôle, de la répétition de méthodes éducatives qui n'apportent rien, qui ne sont pas constructives.
Anna : Tu peux illustrer ?
Ivaoa : C'est abandonner le chantage, la menace, les punitions, le non respect de l'enfant sous prétexte qu'il est petit.
C'est être à l'écoute de son enfant, tenir compte de ses spécificités - là, je pense à celles des nouveaux Enfants. C'est aussi ne pas imposer ma vision des choses à ma fille... tout en posant un
cadre, des limites. Cela implique de discuter énormément, de répondre au maximum à ses questions autrement que par "c'est comme ça, un point c'est tout".
C'est aussi équilibrer ses besoins et les miens.
Anna : Dis donc, ça m'a l'air fatiguant d'être maman consciente ?
Ivaoa : Etre parent, c'est déjà fatiguant en soi. Je dirais qu'être parent concsient, c'est plus exigeant car cela implique de se remettre en question, de réfléchir, de prendre du recul sur
le vécu familial et de se former à son métier de parent... tout en étant en "première ligne". Mais c'est tellement bon de constater que mon enfant est équilibrée, qu'elle n'a pas peur de ses
parents, donc qu'elle ne dissimule pas les choses lorsqu'elle fait une "bêtise". Elle vient nous le dire et nous réparons ensemble. Elle a confiance en nous. A cinq ans, elle sait qu'elle peut
parler à coeur ouvert, qu'elle peut exprimer ses émotions, même en dehors de la maison. Elle sait aussi que la violence physique - fessées, claques, pinçons...-, est interdit. Personne n'a le droit
de lever la main sur elle ; elle se charge bien de le répéter à ses grands-parents, à mon grand plaisir. Selon moi, tout cet état d'être découle de cette éducation consciente que nous nous
efforçons d'appliquer.
Anna : Pourquoi être un parent conscient ?
Ivaoa : Parce que les enfants d'aujourd'hui sont différents de ce que nous étions au
même âge. Ils viennent nous responsabiliser dans nos choix quotidiens, nous obliger à être cohérents en tant que parents et êtres humains. Nous ne pouvons plus les éduquer comme nous-mêmes
l'avons été.
Nous sommes aussi à une époque charnière au niveau planétaire. Nous sommes à la fin d'un cycle. J'ai la conviction que nos modes de vie vont changer radicalement dans les années à venir, nos façons
de vivre ensemble aussi. Pour accélérer ces changements, l'éducation en conscience me paraît la voie royale, compte tenu des ces grandes lignes : amour, respect, tolérance, communication, joie
d'être ensemble... Elle favorise l'acquisition de compétences humaines dès l'enfance.
Anna : Lesquelles ?
Ivaoa : Des compétences telles que m'estimer, avoir confiance en moi et en ma valeur, apprendre à gérer mes émotions et ne pas les censurer... J'ai passé un certain temps de
ma vie d'adulte à développer tout ceci. Cela aurait été beaucoup plus simple si mes parents me l'avaient appris.
Ce n'est que récemment que j'ai appris à exprimer ma colère positivement, à oser dire "stop" aux autres quand ils dépassent les bornes, à faire passer mes besoins en premier.
Exprimer ses émotions, surtout la colère et la tristesse qui ne sont pas socialement correctes, c'était être faible pour moi. C'était une croyance familiale inconsciente chez nous. En tout cas, je
m'en suis libérée et j'ai compris qu'exprimer ses émotions est une grande force. Mais il faut canaliser cette force qui peut être impétueuse et faire parfois des ravages autour de soi. C'est ça que
je transmets à mon enfant... et à mon compagnon aussi.
Anna : Ces compétences humaines et
parentales, tu les as acquises comment ? Tu as suivi des stages, des formations ?
Ivaoa : Tu sais, il y a 5 ans, on commençait à peine à parler d'éducation consciente, alors pour trouver un stage ou
une formation, ça n'était pas évident ! Et puis, j'habite à la compagne, loin de tout. En fait, j'ai
énormément lu. Ma base de réflexion a été le livre de Catherine Dumonteil-Kremer, Elever son enfant... autrement.
Grâce à lui, j'ai découvert :
-
la liste de discussion Parents conscients ,
-
les revues Ressources Parents et
L'enfant et la vie ,
-
et des tas de livres, sites internet, articles sur l'éducation, la communication respectueuse, l'écoute active, les bienfaits de la non-violence éducative, la
pose de limites sans fessées, menaces et autres...
-
et surtout Aletha Solter et ses principes des Parents conscients.
J'ai également lu Les enfants Indigo - Enfants du 3ème millénaire, de Lee Carroll et Jan Tober qui me donnait ma philosophie générale tandis que le livre de
Catherine m'expliquait concrêtement (en partie seulement) comment appliquer cette philosophie au quotidien.
Par exemple, Lee Carroll et Jan Tober recommandaient d'enseigner par l'exemple, de poser des limites de façon respectueuse, mais concrêtement, je ne voyais pas
comment faire. C'est là que Catherine Dumonteil-Kremer m'a "éclairé" en donnant des solutions comme proposer des alternatives, savoir dire non sans culpabiliser, aménager sa maison pour ne pas
avoir à dire systématiquement "non", décrire ce que l'on voit, se libérer de ses attentes...
Quand ma fille est née, je suis passée de la théorie à la pratique, et là, ça a été une autre histoire. J'ai alors
constaté que la façon dont je suis "maman consciente" évolue avec ma fille.
Anna : Tu veux dire que ce n'est pas pareil d'être parent conscient au stade bébé
(de la naissance aux premiers pas), au stade bambin (de la marche à la parole), entre 3 et 5 ans, à l'adolescence ?
Ivaoa : Exactement ! Si je
prends le stade bébé, durant cette période, ma priorité a été de poser les bases d'un lien profond entre mon bébé et moi. Pour cela, je
répondais à ses besoins, je lui évitais au maximum de pleurer, sauf s'il en avait besoin (pleurs de décharge
émotionnelle). Je la portais en écharpe de longues heures, je l'allaitais à la demande, je la massais, on faisait tout ensemble grâce au portage : les courses, le ménage, les balades dans les
petits chemins inaccessibles à la poussette.
Quand ma fille a commençé à marcher - vers un an (le stade bambin), j'ai expérimenté un nouvel aspect de mon "métier" de parent conscient : la pose de limites
respectueuses.
Cela a d'abord consisté à réorganiser mon intérieur pour le rendre plus sécuritaire pour un petit bout d'un an vacillant sur ses jambes. J'ai mis hors de sa portée
les objets fragiles ou dangereux pour ne pas avoir à lui dire systématiquement "non" et ainsi entraver sa découverte du monde, brimer sa curiosité et sa confiance en elle.
Il était hors de question pour moi d'avoir recours à la violence physique - fessée, tape sur la main, la joue... - pour faire respecter les limites.
J'ai aussi appris à contrôler ma propre colère pour établir avec elle une communication non-violente. Ce volet est loin d'être définitivement acquis car les limites
sont régulièrement testées et repoussées.
Avec l'entrée à l'école maternelle, nous sommes entrés dans une nouvelle problématique : celle de la gestion non-violente des conflits dans un groupe et de
la négociation des règles de vie au sein de la famille, celle aussi de l'intrusion de l'extérieur et de ses modèles dans notre sphère privée. Je me
suis donc penchée sur les techniques d'écoute active et decommunication respectueuse
J'ai appris à accompagner ma fille dans l'expression de ses émotions, à les accueillir ensemble et à les respecter jusqu'au bout, quel que soit le lieu où elles
s'expriment (ce qui n'est pas toujours évident). Le livre de Naomi Aldort m'a aidé à
revisiter cet accompagnement, à l'approfondir.
C'est durant cette période où le langage s'affine (à partir de 2-3 ans) que j'ai commencé à nourrir le sens du sacré chez elle, en partageant mes différentes pratiques avec elle (yoga, méditation, tarots, Reiki, élixirs floraux...), en étant à l'écoute de ses rêves, de ses perceptions
subtiles...
Anna : Et l'adolescence ?
Ivaoa : On verra quand on y sera ! J'évolue en fonction du développement psychomoteur de ma fille, de ses centres d'intérêt. L'adolescence, c'est loin pour moi.
Anna : Tes préoccupations du moment ?
Ivaoa : L'apprentissage de la
lecture et de l'écriture. Sarah a envie d'apprendre à lire, alors je cherche des outils pédagogiques pour l'aider, pour nourrir sa curiosité. J'ai fabriqué un alphabet Montessori
et me suis plongée dans cette pédagogie. Et avec le beau temps, on va pouvoir se remettre à fabriquer des élixirs floraux !
Anna : Merci Ivaoa pour ce témoignage qui m'a éclairé ! A bientôt sans doute pour de nouvelles interviews.
A bientôt :-D
J'ai fait le choix de mettre mon activité professionnelle entre parenthèses depuis quatre ans pour être présente pour Sarah. Mais elle rayonne tellement d'amour qu'à aucun moment, je ne doute ou je regrette mon choix. Je passerais à côté de tant de moments magiques.
Etre parent conscient, c'est devenu ma nature profonde. C'est aussi cohérent avec ma vision de la Vie. Puisse mon expérience inspirer d'autres parents pour leur plus grand bien et celui de leurs enfants ! A bientôt