Principe d'une ludothèque
C'est une association à but non lucratif qui prête des jeux de société, des jouets pour enfants et adultes pour une somme dérisoire, moyennant une côtisation annuelle (c'est 30 € pour un an + quelques centimes d'euros par jeu emprunté selon le type de jeu).
On peut aussi jouer sur place dans une grande salle très claire pleine de jeux d'imitation (vous savez, les cuisines, marchandes de légumes, circuits de train, etc...). Il y a également un grand tapis d'éveil pour les bébés avec des jouets adaptés à leur âge.
Enfin, il y a un espace jeux vidéos sur ordinateur et une cour regorgeant de tricycles, vélos...
Les animateurs sont très accueillants. Ils vérifient l'état des jeux que l'on rend et que l'on emprunte. Ils sont de très bon conseil.
Si j'avais su, je me serais inscrite plus tôt. Je pensais que ma fille était trop petite. Dans ma tête, ludothèque = jeux de société. Je ne pensais pas que j'y trouverais des Playmobil, des jouets d'éveil pour les touts petits, des poupées Barbie et leurs meubles...
Quel intérêt ?
J'ai constaté qu'au niveau jouets, ma fille se lassait très vite. Elle n'est pas la seule enfant dans ce cas. C'est très fréquent
aujourd'hui. Les Nouveaux Enfants, de par leur mode de fonctionnement et leur capacité à saisir intuitivement la globalité, épuisent très rapidement le côté ludique des jeux "fermés", -
tous les jeux avec règle, les jeux figés qui ne leur permettent pas de créér, de laisser libre cours à leur imagination.
Cependant, ils sont attirés par de tels jeux, mais de façon très passagère. D'où l'intérêt de la ludothèque qui permet à l'enfant
d'expérimenter des tas de jeux et de jouets sans pour autant que ses parents aient à investir des sommes importantes. Grâce à la ludothèque, ma fille a pu, par exemple, emprunter le carosse et
le camping-car de Barbie, le bateau-pirate Playmobil... à chaque fois pour une durée de 3 semaines. Ainsi, elle a eu la
possibilité de jouer avec un jouet qui la faisait rêver et s'apercevoir de ses limites par elle-même, sans frustration. En louant ces jouets pour une somme dérisoire, je n'ai pas eu à lui
expliquer pourquoi nous ne pouvions pas les lui acheter, etc..., donc pas de discours "moralisateur" des parents.
La ludothèque nous a aussi permis de découvrir les jeux coopératifs, notamment Le Verger, et d'acheter des jeux qui nous plaisent vraiment, tels que Le voleur de carottes ou L'école des fantômes.
Les âges recommandés sur les jeux étant parfois farfelus (volontairement bas pour des raisons marketing), j'ai aussi pu vérifier s'ils étaient adaptés ou non à ma fille.
Nous aimons le principe du prêt, du partage, du non-attachement aux objets. Ce que j'essaye d'enseigner à mon enfant, c'est le plaisir de jouer et cette émotion n'a rien à voir avec le fait de posséder le jeu en lui-même. Le fait d'emprunter quelque chose qui appartient à la communauté nous apprend aussi à en prendre soin. Ma fille est parfois déçue quand il manque un petit accessoire dans une boîte Playmobil empruntée. Elle comprend donc qu'il faut veiller à ne pas perdre ou abîmer ce qui nous est généreusement prêté. Le partage devient quelque chose de concret, du vécu pour elle. Il est intégré naturellement.
Enfin, elle vit l'abondance de manière positive car elle apprend à écouter ses envies du moment et à faire des choix parmi tout ce qui se
présente à elle. Elle exerce son libre-arbitre à son niveau, ce qui est précieux.
Pour conclure
Il y a 1160 ludothèques en France. Il y en a sûrement une à proximité de chez vous (le site de l'Association des Ludothèques Françaises vous y aidera). Faites-y un tour. On ne sait jamais, ça pourrait aussi plaire à vos enfants et vous faire redécouvrir le goût de jouer.