Dimanche 25 janvier 2009
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En septembre 2008, j'avais commencé à explorer le thème des enfants Cristal et de l'école. J'avais p
résenté Brockwood Park School et sa philosophie d'apprentissage centrée sur chaque
enfant/ élève dans ce qu'il a d'unique et de particulier.
Aujourd'hui, j'ouvre le vaste sujet de l'école à la maison et de la déscolarisation.
Pour le moment, ma fille de 4 ans et demi est scolarisée à l'école publique de mon village depuis ses 3 ans. Cela lui permet de découvrir un autre mode de fonctionnement que le nôtre, le monde
extérieur, d'être en contact avec des enfants de son âge. Peut-être que cela ne sera pas toujours le cas. Qu'est-ce qui pourrait me motiver à déscolariser mon enfant ?
Respecter son rythme
Depuis qu'elle va à l'école, elle ne vit plus à son rythme. Nous sommes tenus par les horaires de l'école. Idéalement, elle se lève à 8h30 au lieu de 7h30, ce qui fait qu'elle accumule de
la fatigue au bout de quelques semaines. Elle a faim en milieu de matinée, mais bien souvent ne mange pas le goûter proposé à l'école car elle ne l'aime pas (nous mangeons bio à la maison).
Heureusement, nous avons une heure et demi au déjeuner pour manger et jouer. Cela lui fait un break. Certains après-midi, quand je sens qu'elle fait une overdose du groupe, elle reste avec moi à la
maison.
Préserver son enthousiasme pour
apprendre
Elle découvre des tas de choses grâce aux sorties que nous faisons - à la ludothèque, à la bibliothèque, au marché, au restaurant, en famille... -, aux dessins animés qu'elle regarde en
DVD (pas à la télé car on ne peut pas choisir), aux livres qu'elle lit.
A l'automne, elle s'est prise
d'une passion pour les Indiens d'Amérique. Je ne me souviens plus comment cela lui est venu, mais nous avons exploré ce thème avec enthousiasme. J'ai appris plein de choses. Nous avons fabriqué un
arc (qui fonctionne) et des flèches et j'ai pris énormément de plaisir à tirer avec. J'ai construit un tipi pour ses doudous préférés. Nous avons bricolé une coiffe de chef avec des plumes de
pigeons. Nous avons dévoré les BD de Yakari.
C'est formidable d'apprendre ainsi !
Actuellement, elle a envie d'apprendre à lire. J'ai dans ma bibliothèque un livre de Françoise Boulanger - Lire à 3 ans - ; je vais me plonger dedans pour savoir comment soutenir ce désir de
ma fille. Je ne veux pas la freiner, surtout si c'est naturel, spontané. Quand elle s'est mise à marcher, à parler, cela s'est fait tout seul. Il n'y avait pas un âge pour le faire.
Par ailleurs, son père s'est ennuyé pendant des années à l'école. Moi, j'ai eu le sentiment d'en apprendre plus en dehors grâce à mes lectures. Si c'était le cas pour notre fille, nous n'aurions
pas le coeur de lui infliger d'aller à l'école.
Laisser briller ses dons particuliers, ce qu'elle a d'unique
Chaque jour, j'essaye de la guider de mon mieux pour qu'elle grandisse en confiance, qu'elle développe son estime d'elle-même sans juger et dénigrer les autres. Sans avoir besoin de se comparer à
eux. Je souhaite qu'elle ait conscience de sa beauté, de sa valeur, de ses qualités.
D'après mes observations et mon expérience, l'école standard a pour but de formater les individus, de les amener à un même niveau moyen d'instruction sans véritablement tenir compte de leurs
spécificités.
Elle développe l'esprit de compétition, justifie l'autoritarisme, les punitions. Elle utilise l'humiliation pour cadrer les enfants. Elle ne leur apprend pas du tout à régler les conflits sans
violence, à développer des relations de groupe harmonieuses. Je ne souhaite pas confronter mon enfant à cela.
Voici trois grandes raisons qui pourraient m'inciter dans les années à venir à déscolariser ma fille.
Mais comment m'y prendre ? Ai-je le droit légalement de l'instruire en famille ? Où puis-je trouver du soutien pour m'accompagner dans cette démarche ? On parle de "homeschooling" et de
"unschooling" quand on évoque l'école à la maison ; est-ce la même chose ?
Des réponses à toutes ces questions très bientôt ! Vos témoignages, expériences sont plus que jamais les bienvenus !
Par ivaoa
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Publié dans : L'école... autrement
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Maintenant que j'ai le choix, je ne m'intéresse jamais à ses matières et cela n'empêche pas la Terre de tourner. Il y a des gens merveilleusement doués dans celles-ci et elles me complètent comme je les complète en littérature, art, langues, économie...
Si on fait des activités "sociales" avec ses enfants - dans une association, en famille, avec des amis -, les enfants s'intégrent aussi et sans le stress, la compétition. Nous allons dans une ludothèque - un endroit où l'on peut jouer et emprunter des jeux -, et cela a beaucoup contribué à la "socialisation" de Sarah. La bibliothèque municipale aussi.
Elle découvre la société à son rythme, en sécurité puisque nous sommes là. Elle se sent accompagnée et sait qu'elle peut nous parler si elle a une difficulté. Elle ne va pas être bloquée dans l'expression de ses émotions parce qu'il n'y aura personne pour l'écouter. ça c'est capital pour moi.
Mais je vais développer tout ceci car je ne fais que commencer à parler de l'école à la maison.
A très bientôt et encore merci pour vos témoignages si vivants, qui me parlent beaucoup. Ivaoa
Je conçois mon rôle de parent plutôt comme celui d'un guide, d'une accompagnatrice de mon enfant. Je ne cherche pas à la protéger de la vie en général et de ses difficultés, j'essaye d'être là pour la soutenir, l'accompagner, la consoler quand elle en a besoin. J'essaye de l'aider à exprimer ses ressentis, ses émotions car c'est le plus important : qu'elle ne garde rien sur son petit coeur et qu'elle se sente entourée, soutenue.
Pour la télé, la sensibilité de ma fille (et la mienne aussi) fait que je ne veux pas l'exposer à de la violence gratuite. A 4 ans et demi, elle n'est pas encore capable de prendre du recul. Elle n'a pas encore acquis la capacité qu'ont vos enfants de choisir et de ne pas regarder quelque chose de violent.
Par contre, elle est capable d'arrêter de regarder un dessin animé pour jouer, faire autre chose. Souvent, nous regardons la télé ensemble et nous discutons en même temps car elle me pose plein de questions. C'est un formidable outil pour apprendre.
La Vie représente des défis, des occasions aussi de se définir. Il n'y a que par les expériences, les rencontres avec les autres que l'on y arrive.
En tant que parent, on peut avoir envie que nos enfants réussissent à l'école. Mais je suis d'accord avec vous : il faut les laisser apprendre à leur rythme. Nous avons tous des dons particuliers et l'école n'en tient pas forcément compte. Moi, je suis nulle en maths, en sciences et j'adore le français, les langues, l'art. J'ai fait des études qui correspondent à mes atouts et utilise les maths juste pour compter. Et je m'en sors très bien dans la vie. J'ai toujours fait des métiers qui me passionnaient (surtout aujourd'hui en étant maman à temps plein et en même temps chercheuse en éducation des nouveaux enfants
Nous aussi, on s'amuse avec les formes des nuages. J'adore ce jeu depuis toute petite. Nous jouons avec les mots, nous inventons des chansons sur des airs connus mais avec nos paroles à nous qui parlent de notre vie quotidienne.
Je sens de tout mon coeur qu'avec nos enfants, il faut être ouvert à tout. La surprise de la Vie, c'est eux. Ils nous entraînent vers quelque chose de beau, de neuf, si neuf qu'on ne peut pas imaginer ce que ce sera. La seule chose que je fais, c'est de rester à lécoute, sur la même longueur d'onde que ma fille. A bientôt, Ivaoa
Il y a quelques années, je suivais des cours de peinture Hauchka - c'est une technique de peinture très particulière - dans une école Steiner. Je suis allée à la journée portes ouvertes de cette école et j'ai été conquise par la façon d'apprendre beaucoup plus vivante, qui faisait intervenir le mouvement, le chant, le dessin. C'était vivant et respectueux, humain.
Les élèves avaient le même instituteur du CP au CM2, ce qui leur permettait d'apprendre en confiance. Il y avait un vrai lien affectif. Cela compte pour apprendre, à mon avis.
Je pense que l'école va connaître de profonds bouleversements pour s'adapter aux nouveaux enfants. Ce n'est pas pour rien que l'on parle de déficit d'attention pour certains enfants. Parce que ce qu'on raconte ne les intéresse pas peut-être ?